NoDesign, le numérique au service du design

par Romain Thomas 2 février

Le MO

L’invasion progressive du numérique dans tous les compartiments de notre quotidien fait désormais figure de poncif. Situations et pratiques que les experts réservaient il y a peu à un futur hypothétique acquièrent aujourd’hui une tangibilité pratique. Les termes de dématérialisation, objets intelligents, interactif, réseaux, écrans forment le champ lexical proéminent des analyses sociétales de ces dernières années. La prise en compte massive de l’impact des nouvelles technologies numériques sur la vie quotidienne a été accélérée par la démocratisation des petits objets saturés de numérique, avec comme exemple flagrant la success story de Apple et l’Iphone.

C’est ainsi par le biais du design que la question du numérique, répandue et démocratisée, donne lieu à réflexions et théorisations. Ainsi a pu poindre dans le milieu la notion de ‘design numérique’, qui intègre cette nouvelle donnée en ajoutant aux habituelles problématiques que sont l’esthétique, la matière et la fonction, celles de la communication, de l’immatériel, de l’interactif et du participatif.

Le collectif français NoDesign s’inscrit dans une tendance où le désir de numérique, lié à des objets « légitimes » (comme un papier peint « augmenté », plus légitime dans une maison qu’une « box » internet quand il est question de design selon Jean-Louis Fréchin) démontre aussi une volonté de remettre en avant la question de l’objet et de l’industrie. Jean-Louis Frechin, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI), souhaite ainsi proposer des produits originaux et innovants qui s’inscrivent dans la spécialité française du luxe tout en investissant un créneau inédit, la technologie numérique. Frechin se souvient de directeurs de recherche « rigolant » devant l’iPod. « j’aime voir nos ministres twitter avec leur Iphone, j’aime raconter que les Français d’Apple en Californie ont des talents incroyables » déclarait-t-il l’an dernier sur son blog.

Un investissement massif dans le secteur du numérique, éventuellement sous la forme d’une Silicon Valley hexagonale, serait ainsi une réponse partielle à la perte de compétitivité de l’économie française post-industrielle. Le designer ajoute dans son blog que « faire la Silicon Valley en France, ce n’est pas seulement servir les universités et les entreprise du Cac 40, c’est aussi intégrer les « transformateurs » c’est-à-dire comprendre ce qu’est le « Nouveau Monde industriel ».

L’agence produit des objets « légitimes » qui s’adaptent à l’environnement familier du quotidien, tout en proposant des services dématérialisés du monde numérique.

Parrot DIA

Le WaSnake

NoDesign est actuellement représenté à la Gaîté Lyrique, dans le cadre de l’exposition 2062. Les membres de l’agence y présenterent deux projets. Tout d’abord Saudade du futur – 1862-2062, une chronologie du futur qui expose des objets et inventions marquants depuis 1862 prêtés par le Musée des Arts et Métiers.

Crédits photo: Maxime Dufour

Fabwall de Jean-Louis Frechin et Uros Petrevski, un mur arborant du papier peint « augmenté » est également présent. Lié à une application pour smartphone, il est composé de nombreux motifs (plus doux que les fameux QR codes) qui permettent au spectateur, une fois scannés, de parcourir un contenu numérique invisible à l’œil nu, mais aussi d’ajouter du texte et des images pour leurs successeurs.

L’exposition 2062 a lieu la Gaîté Lyrique du mercredi 1er février au dimanche 25 mars 2012.

Crédits photo: Maxime Dufour et NoDesign

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