The Creators Project à la Gaité Lyrique, c’est fini

par The Creators Project 13 juin

À Lyon, nos installations étaient disséminées dans toute la ville, sur tous les lieux du festival Nuits sonores. Chacune d’entre elles tentaient de tisser un lien sensible avec son lieu d’exposition et sa tonalité artistique, à l’instar de l’immense totem-passerelle futuriste de UVA posé à l’entrée du Marché Gare.

À Paris, la démarche était similaire, mais nos installations, plus nombreuses, étaient concentrées en un seul lieu, qu’elles ont transformé pendant trois jours. Tous les étages et tous les équipements de la Gaité lyrique ont ainsi accueilli une ou plusieurs œuvres d’art, conformément à la charte artistique du lieu qui entend briser les codes traditionnels de la muséographie et casser les discontinuités entre espace d’exposition et espace de circulation ou de consommation.

Ce long continuum, du rez-de-chaussée au quatrième étage, du foyer historique à la petite salle, a suscité des flux inédits, des parcours artistiques en tous sens, qui convergeaient le soir venu vers la grande salle, à l’ouverture des concerts et DJ sets. Vous retrouverez dès demain un inventaire complet de ces installations, qui convoquaient simultanément David Bowie période « Life on Mars », Vélasquez période « Ménines » et le prog-rock période prog.

Les concerts et DJ sets programmés jeudi et samedi soirs n’étaient un accompagnement de luxe ni un supplément d’âme de notre programmation artistique, ils en étaient au cœur. La salle de concert imposante posée au centre de la Gaîté lyrique atteste de l’importance de la musique dans l’identité et l’orientation artistiques de ce nouvel espace pluridisciplinaire et résolument tourné vers l’expérimentation. Lors de sa semaine d’ouverture, la Gaîté lyrique avait séduit entre autres par ses deux soirées de concert qui avait permis aux parisiens de découvrir et de s’approprier ce lieu. De notre côté, la musique est un medium incontournable qui unit une large fraction de nos créateurs internationaux, qu’ils soient exclusivement musiciens ou plasticiens.

Ces deux soirées étaient donc l’occasion d’éprouver la pertinence de cette association, mais aussi de déconner un peu entre deux conférences et installations interactives. Et ces deux fonctions ont été parfaitement remplies. Jeudi, on a ainsi pu découvrir que Squarepusher était encore terriblement efficace en live, qu’il n’avait rien contre les instruments analogiques, ni contre les genres musicaux qui ne sont pas la drum n’bass, et qu’il savait même faire de la pop, avec ce qu’il faut de sévérité et de géométrie. Avant lui, Cameron Mesirow (Glasser) a démontré avec beaucoup d’émotions qu’elle n’avait rien contre les productions électroniques, ni contre les genres musicaux qui ne sont pas du trip hop, et qu’elle savait même faire de la pop, avec ce qu’il faut de contorsions et de vibratos sophistiqués. Le samedi soir, tous les artistes qui se sont succédé sur scène ont semblé se mettre d’accord pour aborder l’electro par les marges sans jamais tomber dans le trou noir de la turbine. À côté d’Adam Kesher et Yuksek, on retient surtout les nouveaux venus sur la scène electro, Acid Washed et Myd et Pantiero666 (Club Cheval), qui semblent partager la même ambition de déconne et un certain goût pour la disco sentimentale et la house moins sentimentale.

Commentaires pour

blog comments powered by Disqus