The Creators Project à Marsatac, c’est fini
La plupart de nos amis marseillais ayant émigré au nord de la ligne Lyon-Bordeaux perdent peu à peu leur accent et se désintéressent progressivement de l’actualité du Vélodrome. Ils n’enterrent toutefois jamais complètement leurs racines méridionales et restent enclins à vanter les mérites de leur mer salée sans marée et de leurs jolies côtes crénelées. Au-delà de ces différences cultivées et assumées, et de son identité toute méditerranéenne, Marseille se distingue depuis quelques années par son festival dédié aux musiques électroniques plurielles : MARSATAC.
Trois nuits de fête pendant lesquelles l’organisation du festival nous a demandé de repenser la “rue intérieure”, artère et lieu de passage obligatoire du site. Nous avons demandé à nos amis et créateurs H5 de proposer une installation et une structure pour ce long couloir froid, mandat artistique qu’ils ont largement relevé, avec une installation fondée sur la notion de contrariété. Le long de ce sentier festif, le collectif a disposé des slogans martiaux, des spots de lumière crue et culpabilisatrice et des messages vocaux injonctifs proférés par des haut-parleurs impitoyables. Une proposition artistique sur une thématique policière donc, qui n’a laissé personne indifférent, et a suscité des réactions oscillant entre la curiosité, l’irritation et la franche râlote. Les parisiens râlaient plus fort.
Le festival avait décidé de mettre sa 13ème édition en rapport avec notre brûlante actualité mondiale et de placer la fête sous le signe de l’émeute. Thème d’autant plus justifié que le mercure flirtait dangereusement avec les 30°c, ce qui n’impressionnait guère le public du Sud, habitué aux débordements climatiques et aux rayons insolents du dieu soleil, mais a quelque peu bousculé notre équipe parisienne, qui se faisait une autre image du mois d’octobre.

Près de 10 000 festivaliers gorgés de sérotonine et de bonne humeur se pressaient ainsi chaque soir aux portes de la friche de la Belle de Mai, pour assister à la trentaine de concerts programmés sur quatre scènes. De ces trois nuits près de la Canebière, on retient surtout les performances du duo « electronica-afrobeat-il fait chaud mais il fait froid, je danse dans une barre HLM avec vue sur la plage » Africa Hi Tech, le live martial déjà connu mais toujours bienvenu de Mondkopf, le concert de Concrete Knives (« c’était mignon ! ») et la présence scénique de The Death Set. Notre responsable marketing digital breton, qui a passé le weekend à ne pas mentionner son affection pour le Stade Brestois, dans un contexte plutôt tendu, s’est quant à lui enthousiasmé pour Gablé, entre deux soupes de poissons.

La journée, notre équipe redécouvrait les joies simples de la baignade (« elle est bonne, plus chaude qu’en Normandie ! ») et la sensation étrange qui nous étreint quand on voit un collègue de travail torse nu pour la toute première fois. On remercie les organisateurs du festival, nos amis de H5, Arnaud Rebotini, la planète Marseille et les frères Ayew.
Photos : Steve Wells





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