The Creators Project au NAME Festival, c’est fini

par The Creators Project 19 septembre

On a tous des connaissances, anciens étudiants ou nouveaux trentenaires, qui nous chantent régulièrement les vertus de Lille et louent l’hospitalité, la franche camaraderie et la chaleur humaine des gens du Nord, en recourant à des arguments empiriques ou à d’embarrassantes imitations de l’accent Ch’ti. En général, sans douter un instant de la sincérité ni de la validité de ces discours, on peut légitimement suspecter un élément de préjugé particulariste ou régionaliste dans ces portraits enthousiastes. Et pourtant, après deux jours d’immersion au cœur d’une délégation de citoyens de la nation techno entre le centre-ville de Lille et une friche industrielle à Tourcoing, il faut bien l’admettre : on est bien reçus dans le Nord.

Il faut surtout reconnaître, par honnêteté intellectuelle, que notre petite escapade lilloise ne doit rien au hasard. Le NAME Festival (pour « Nord Art Musique Electronique ») fête cette année sa septième édition, et il fait aujourd’hui partie du paysage culturel de la région Nord Pas-de-Calais, qui depuis quelques années a renouvelé en profondeur et enrichi sa politique culturelle. Depuis 2005, le festival est surtout parvenu à se faire un nom sur une scène européenne très concurrentielle, qui lui permet aujourd’hui de recevoir des têtes d’affiche de renommée mondiale. En deux nuits, sur trois scènes, on a ainsi vu défiler Carl Craig, Luciano, Ellen Allien, Brodinski, Gesaffelstein, Discodeine, Superpitcher, et bien d’autres.

Cette année, la Tossée, l’actuel site du NAME et lieu emblématique du passé industriel régional, accueillait une nouvelle scène, initiée par The Creators Project . Outre le line up musical, comprenant entre autres Discodeine, Radioslave, Simian Mobile Disco et Digitalism, cette toute nouvelle scène offrait une ré-interprétation de l’installation de nos amis de Superscript², Modular Ship. Plus basse qu’à Nuits sonores, et désormais en partie contrôlée par un iPad, cette installation a rempli son rôle de scénographie à la fois imposante et discrète et d’écrin aux DJs sets.

Nina Kraviz

Digitalism

Carl Craig et Luciano se sont livrés à un ‘back to back’, une autre façon de dire ‘Ping-Pong’.

Cette introduction un peu formelle, voire institutionnelle, sert autant à planter le décor qu’à stimuler et mettre en ordre la mémoire. On se souvient de beaucoup de choses, moins de leur chronologie. Sur la scène The Creators Project, on se souvient très bien du live de Discodeine, qui offrait un répit aussi bienvenu que nécessaire dans la blitzkrieg techno, un peu moins d’avoir joué avec l’iPad de Superscript² pour créer avec Modular Ship des motifs abstraits qui nous semblaient alors très figuratifs. Ailleurs,, l’un de nos collaborateurs garde un souvenir ému de la silhouette de Nina Kraviz se détachant en rythme d’un mur de L.E.D (le vendredi), un autre du duo « son et lumière » Ellen Allien + Pfadfinderei (le samedi), qui lui a rappelé son compagnonnage de jeunesse avec le label Bpitch Control.

Impossible toutefois d’évoquer ces deux nuits sans rappeler le deuil présent dans toutes les têtes. Le décès de DJ Mehdi, intervenu plus tôt dans la semaine, a ému tous les organisateurs et visiteurs du festival. Plus trivialement, ce drame a bousculé la programmation du NAME, qui proposait une triple affiche Carte Blanche / Busy P / Breakbot vendredi soir sur la Scène 1. Chacun s’est alors mobilisé pour maintenir le festival, dans les meilleures conditions possibles, tout en rendant un hommage émouvant et digne au producteur. Les DJs de la Scène 1 ont ainsi rallongé leurs sets, et plusieurs artistes, de 2ManyDjs à Brodinski, ont rendu hommage chacun à leur façon à leur ami.

On a fait une sélection de photos de ces deux nuits (ci-dessus) qui seront plus éloquentes qu’un collier d’épithètes. On remercie les organisateurs du Festival, les gens qui nous ont orientés et ont répondu avec toute la patience du monde à nos questions logistiques angoissées de 6è en colonie de vacances, les runners, et tous les lillois.

Photos : Steve Wells

Commentaires pour

blog comments powered by Disqus